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Biothérapies du psoriasis,

par le Dr Saskia ORO (Service de Dermatologie d’Argenteuil 95100)

Le traitement des psoriasis modérés à sévères s'est largement étoffé ces dernières années avec l'arrivée sur le marché des biothérapies.

Ces nouveaux  traitements ont pu être mis au point grâce aux avancées remarquables de la recherche sur le Psoriasis.

Il s'agit de molécules fabriquées par différentes techniques de biologie moléculaire, destinées à bloquer la formation des lésions en ciblant  différents stades du processus inflammatoire responsable de la formation des plaques.

En effet, on connaît mieux depuis quelques années les mécanismes par lesquels les plaques de psoriasis sont générées. Ces mécanismes font intervenir des cellules inflammatoires, les lymphocytes T (variété de globules blancs) et des protéines (dites cytokines, sécrétées par les lymphocytes T), comme le TNF alpha.

Les biothérapies se répartissent en deux groupes :

 - les "anti-TNF" d’une part, comme l'infliximab (REMICADE), l'étanercept (ENBREL) et l'adalimumab (HUMIRA), qui bloquent l'action de cette molécule sur ses cellules cibles,                                                      

 - d'autre part,  l'éfalizumab (RAPTIVA), de mécanisme différent, qui empêche certains phénomènes d'adhésion cellulaire.

Ces médicaments sont réservés aux psoriasis modérés à sévères en échec thérapeutique, c'est-à-dire ceux pour lesquels au moins deux des traitements suivants sont inefficaces ou contre-indiqués : la photothérapie, la ciclosporine, le méthotrexate. Ils peuvent être utilisés, contrairement au méthotrexate et à la ciclosporine, chez les patients ayant une anomalie hépatique ou rénale. Ils sont très chers (plus de 10 000 euros par an), le patient doit donc avoir une mutuelle ou être à 100% pour en bénéficier.

Le bilan pré-thérapeutique doit éliminer une infection sévère en cours (et notamment une tuberculose occulte pour tous les anti-TNF), un cancer sous-jacent, une insuffisance cardiaque, une grossesse (contraception obligatoire pour tous ces traitements).

REMICADE se pratique uniquement en milieu hospitalier, par voir intraveineuse, au rythme de 3 injections initiales espacées sur 6 semaines, puis 1 injection tous les deux mois. L'efficacité est remarquable, avec 80% de patients blanchis ou presque à 3 mois. Malheureusement, l'effet s'épuise parfois au bout de quelques mois.

ENBREL et RAPTIVA se pratiquent en injections sous-cutanées à domicile (auto-injections possibles), 2 fois par semaine pour le premier, 1 fois par semaine pour le second. La prescription initiale est hospitalière mais le renouvellement est possible par le dermatologue libéral. L'efficacité de ces deux molécules est moins bonne en début du traitement,  de l'ordre de 30% de patients blanchis à 3 mois, mais ce chiffre s'améliore lors de la poursuite du traitement.

 HUMIRA se pratique également en injection sous-cutanée, et  a obtenu en janvier 2008 son autorisation de mise sur le marché pour le psoriasis cutané, alors qu'il est déjà utilisé dans le psoriasis articulaire.

En conclusion, ces nouvelles molécules, sans être des traitements "miracles", ont permis d’élargir les propositions thérapeutiques pour les psoriasis sévères. Les recommandations de mise en place et de suivi ont été établies par l’Agence Française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé et garantissent une utilisation raisonnée et sérieuse. Leur utilisation implique une bonne collaboration entre médecins hospitaliers et libéraux et  une bonne compréhension des attentes du patient.


La recherche avance à grands pas et de nombreuses molécules sont aujourd'hui en cours d'étude

d'après l'édition belge de l'Express

Procédé de biotransformation du composé de Cyclosporine ISA247

Au cours d'un essai clinique, le Dr Kim Papp a obtenu de bons résultats avec la molécule "ISA247" qui réduit les effets de psoriasis de forme modéré ou sévère.

Dirigée en Ontario par le Dr Kim Papp, une étude sur la molécule « ISA247 » vient de prouver son efficacité sur des individus touchés par le psoriasis de forme modéré ou sévère. 451 personnes âgées entre 18 et 65 ans et dont l'excès de cellules mortes recouvrait 10% de la surface de leur peau, ont participé à l'expérience.

Pendant 24 semaines, les quatre groupes formés pour l'occasion, ont reçu deux fois par jour des doses diverses de la molécule « ISA247 », ou de placebo. A la fin de l'expérience, les résultats ont montré que la performance du médicament augmente avec la dose. Ainsi, 47% des patients ayant reçu la plus forte de dose ont atteint l'objectif de départ. C'est objectif était de réduire, dès la douzième semaine, 75% de la surface corporelle touchée.

Des dermatologues tels que l'italien Luigi Naldi perçoivent à travers cette étude des résultats encourageants qui nécessitent cependant d'autres essais comparatifs, dont certains à long terme.

Actuellement, c'est la ciclosporine qui triomphe parmi les divers traitements existants sur le marché. Prescrit également contre le rejet d'organes greffés, il a pourtant le défaut d'être porteur de toxicité, ce qui limite sa prescription dans la durée.

D'autres médicaments viennent soulager les effets du psoriasis, tels que l'infliximab, mais ils leur sont fréquemment reprochés d'être trop coûteux ou de nécessiter un mode d'administration trop complexe.

Le psoriasis est une infection de la peau, héréditaire et non contagieuse, caractérisée par un renouvellement accéléré des cellules de l'épiderme. Le stress et les fortes émotions jouent un rôle important dans son processus d'apparition et d'évolution. Cette maladie chronique affecte 300 000 personnes en Belgique et près de 3% de la population mondiale.

Selon une étude suisse, l'utilisation des "thiazolidinediones", drogues antidiabétiques, telles qu'Avandia et Actos, peut réduire le risque de développer le psoriasis. Ces drogues peuvent avoir des effets anti-inflammatoires et peuvent donc également avoir des effets bénéfiques sur l'inflammation de maladies telle que le psoriasis."

Les chercheurs de l'hôpital universitaire de Bâle, en utilisant une base de données britannique de médecine générale, ont identifié plus de 36.000 patients présentant un diagnostic de psoriasis et les ont appariés avec un nombre de sujets contrôles sans la maladie.

L'utilisation régulière des thiazolidinediones a réduit le risque de psoriasis de 67 %. L'utilisation de la metformine, une molécule plus ancienne antidiabétique, a également réduit le risque, mais l'effet est moins prononcé.

Les résultats de cette étude sont parus dans le Journal of the American Academy of Dermatology

Nous vous présenterons des informations sur les nouvelles recherches dès octobre prochain.